Mercredi 13 juillet
2005
Nous sommes partis d'Albertville en Savoie, en voiture, pour rejoindre
Sibiu en Roumanie, soit environ 1700km. Nous avons campé une première
nuit en Slovénie et avons passé la frontière Roumaine le
lendemain soir. Des pseudos douaniers ont voulu nous faire payer une pseudo désinfection
de la voiture pour 2 euros, nous avons refusé et tout c'est bien passé.
Après
une nuit en camping sauvage dans la campagne roumaine, quelques dizaines de kilomètres
après la frontière, nous (ma copine LAURE et moi) découvrons
la réalité de la conduite "sportive" des roumains et l'état
des routes. Que dis-je sportive ! suicidaire !! En plus, il pleut des trombes
d'eau.
Nous arrivons vers 14h30 à Poplaca, petit village à 7km
au sud de Sibiu. Comme convenu, Mme Tudorache nous attend. C'est chez cette famille
que nous laisserons notre voiture pour un mois. Cette "cour" sera notre
base de départ et d'arrivée. A notre grande surprise, ce n'est pas
seulement une chambre qui nous attend, mais un petit appartement "privé"
collé à la maison avec sanitaires, cuisine et chambre. La maîtresse
de maison est un peu timide et ne parle pas ni français ni anglais, la
communication se limite donc à de grands et généreux sourires...
Bouffe,
douche et sieste...la pluie s'est arretée.
Nous visitons ensuite le
village de Poplaca qui nous parraît assez triste par rapport à notre
impression future au retour, dans un mois, qui se fera sous un beau soleil.
Nous
assistons au retour du troupeau de vaches du village. Impressionnant, environ
600 bêtes qui retrouvent chacune son habitation. Les vaches se dispersent
toutes seules dans les différentes rues où chaque propriétaire
attend ses bêtes devant sa porte. Ils en possèdent de 1 à
4 chacun. Je connais les vaches puisque j'ai grandi à la campagne et emmené
et rammené "moulte" fois des vaches savoyardes mais alors je
n'avais jamais vu ça.
Nous ne verrons pas Valentin Tudorache qui rentrera
tard dans la soirée du travail. Il travaille pour le développement
du tourisme rural.
1èr jour
Jeudi 14 juillet
2005: Poplaca-Biertan
85km
Au réveil, le temps est toujours
gris mais il ne pleut pas, passerons-nous entre les gouttes ?
Nous rencontrons
enfin ValentinTudorache, qui parle français et est un homme passionné
qui nous parle de son pays avec amour. Il nous propose des livres et des cartes
du pays mais nous sommes déjà suffisemment chargés. Surtout,
il ne faut pas que nous hésitions à l'appeler si nous avions un
problème. Cet homme respire la gentillesse et l'hospitalité.
Nous
laissons donc notre voiture chez Valentin et partons vers 9h sur les routes Roumaines.
La traversée de Sibiu est un peu compliquée mais nous finissons
par trouver notre route. Nous traversons des villages tziganes. Nous nous arrêtons
boire un verre dans un "bar" que nous indique un gamin. Les gens semblent
très pauvres, la communication est difficile, personne ne parle anglais
ou français. On nous demande de l'argent, nous refusons mais distribuons
des ballons pour les enfants pour détendre l'atmosphère et organisons
une petite séance photo. Ce premier contact avec des tziganes me laisse
un goût amer. Heureusement, en fin d'après-midi nous nous faisons
apostropher par des femmes gitanes dont nous gardons un excellent souvenir. La
distribution de ballons égaye tout le monde et ils veulent des photos (que
nous enverrons à notre retour). Je me dois aussi de grimper sur le cheval
d'un homme passant par là. Nous n'osons pas leur demander de camper dans
le coin et le regrettons, quand arrivés à Biertan, nous constatons
que les auberges sont complètes. Heureusement, un homme, Ion, nous voyant
désespérés, nous invite à planter la tente dans sa
cour, au pied de la citadelle saxonne. Pour cela, il fait faucher un carré
de luzerne de son jardin pour que nous puissions nous installer. Qui aurait fait
cela en France ? En tout cas, la vue est imprenable ! Ion a 55 ans et est ingénieur
à la retraite. Il parle un peu anglais ce qui permet de communiquer. Il
nous offre café, bière et surtout sa douche !
2ème
jour
Vendredi 15 juillet: Biertan-Bodogaia
49km
Après
la visite de la citadelle de Biertan, qui n'a pas un très gros intéret
si ce n'est pour la vue sur la bourgade, nous roulons jusqu'à Sighishoara,
LA citadelle saxonne de Roumanie. Les quelques kilomètres sur la "grande
route" avant l'arrivée sont très éprouvant et dangereux
vu la circulation et l'état du bas coté de la route.
La citadelle
est magnifique mais envahie par les touristes, nous reprenons rapidemment la route
après avoir fait le plein de cartes postales.
C'est dans le village
de Bodogaia que nous nous arrêterons pour dormir. Nous demandons à
un paysan sortant de son champ si nous pouvons planter notre tente là.
Joseph parle un peu français et, trop content de rencontrer des touristes
et des gens avec qui parler, il nous invite à camper dans sa cour. Il vit
seul avec son père, il est divorcé. Nous assistons à la traite
manuelle de ses deux vaches. Laure s'y essaiera sans grand succès. Joseph
insiste pour que nous mangions avec eux et nous propose sa douche, toujours extrêmement
bien venu. Nous passons une excellente soirée car avec son français,
nous pouvons quand même assez bien discuter. Joseph et son père sont
des immigrés hongrois. Il y en a beaucoup dans cette région de la
roumanie. Nous mangeons un excellent ragoût de foie de volaille. Joseph
en a tué 80 aujoud'hui pour le mariage de son neveu demain.
3ème
jour: Bodogaia-Sub cetate
Samedi 16 juillet: Bodogaia-Sub Cetate
55km
Joseph
nous invite de nouveau à manger, un super petit déjeuner: salade
de tomates, concombres, poivrons, oeufs durs et, cerise sur le gâteau !...
yaourt avec des framboises, s'il vous plait ! En discutant, Laure lâche
que nous avons oublié nos lunettes de soleil dans notre voiture. Joseph
court aussitôt lui en chercher une vieille paire qui appartenait à
sa femme. Pour le remercier de son hospitalité, nous laissons 10E pour
le mariage de son neveu qui a lieu le jour même. Après quelques refus,
il finit par accepter.
Je pars avec une douleur aigüe aux tandons d'Achille.
Notre première étape, avec le peu d'entraînement que j'avais
m'a été fatal. Je trainerai des douleurs aux deux tandons d'Achille
pendant tout le voyage. Finalement, ça arrange Laure en me ralentissant.
Nous roulons la journée sur des routes en très mauvais état.
Les villages traversés sont de plus en plus beaux, nous approchons de zones
plus montagneuses. Nous campons en "sauvage" au pied du barrage de Sub
Cetate.
5ème jour: Lacul Rosu-Ruginesti
Lundi
18 juillet: Lacul Rosu-Ruginesti(Lacul Izvorul Muntelui)
52km
Je
pars ce matin du Lacul Rosu avec un méchant mal à mes tendinites
aux deux tandons d'Achille. Nous quittons ce lieu pas très accueillant
en plongeant dans de superbes gorges. Une magnifique descente au réveil,
pour un cycliste, quoi de mieux ?
Les maisons des villages arborent un bleu
marine se marriant à merveille avec le vert des paysages. Les champs sont
soupoudrés de dizaines de meules de foin, c'est la pleine époque
des foins et les paysans ont un dur labeur. Ici, pas de tracteurs, c'est le pays
des charrettes de foin et des faux. Bien que je n'ai pas vécu cette époque,
j'ai l'impression d'être plongé dans la campagne française
des années 50. Un bon en arrière de 50 ans.
Nous arrivons au
lac Izvorul Muntelui arrosés par quelques averses. La route surplombe le
lac, nous offrant une vue imprenable. Nous avançons doucement, la route
ne cesse de monter et descendre. En fin d'après-midi, en quête d'un
coin pour camper, nous prenons une piste afin de nous éloigner de la route.
Une colline s'offre à nous avec vue sur le village de Ruginesti, nous nous
installons pour la nuit. Laure part acheter des bières bien méritées
au village. Nous sommes sur le chemin du retour des paysans qui rentrent des champs
avec les bêtes. Ils nous saluent amicalement et viennent discuter afin de
savoir d'où sortent ces touristes à vélo. Ils sont surpris
de nous voir camper là mais nous disent qu'il n'y a pas de problème
et semblent même contents et fiers que l'on ait choisi leur village. Ils
semblent tous fatigués et ne s'attardent pas. Des chevaux viennent nous
tenir compagnie... que cette campagne est agréable et reposante !
6ème jour: Ruginesti-Brosteni
Mardi 19 juillet: Ruginesti-Brosteni
59
km
Au réveil, la brume a envahi "notre" colline. Il
ne fait pas chaud, même si nous devinons le soleil non loin qui viendra
rapidement nous réchauffer.
Nous continuons ce tour du lac d'Izvorul
type "montagne russe". Nous avons du mal a nous situer par rapport à
notre carte IGN au 1:750000ème. Nous comprendrons qu'ils se sont trompés
sur les distances, d'une petite dizaine de kilomètres.
Les rencontres
continuent à être très sympas. Dans l'après-midi, dans
un bar, un homme vient discuter avec nous, nous offre des glaces et nous propose
de venir camper chez lui. Il est encore trop tôt pour nous, et l'homme est
un peu trop "saoul" à notre goût.
Nous trouvons facilement
de l'eau sur notre parcours dans les nombreux puits. L'eau est fraîche et
claire mais nous préférons, par sécurité, la traiter
avec du "micropur".
La route continue de se dérouler devant
nous. En général, ces routes tertiaires sont en assez mauvais état
et nos fessiés s'en ressentent. Le temps venu, nous demandons à
des gens discutant devant chez eux si nous pouvons camper sur une parcelle de
terrain en face, de l'autre coté de la route. Ayant peur pour notre sécurité,
nous sommes une nouvelle fois invités à planter la tente dans la
cour. On nous installe table et chaises, un café et un bol de cerise.
7ème
jour: Brosteni-Vama
Mercredi 20 juillet: Brosteni-Vama
62km
Nous
nous réveillons sous la pluie ce matin. La mamie, sur demande de sa fille,
nous convie chez elle pour déjeuner. Nous sommes un peu gênés
car la mamie n'avait pas très envie de nous faire entrer dans son unique
pièce de vie où se côtoient, son lit, sa télé,
sa table et ses meubles. On nous fait porter du café, des tomates et des
oeufs. Nous ne nous attardons pas. La dame nous offre même du tilleul en
partant pour faire des infusions. Nous plions la tente trempée mais la
pluie a cessée.
Nous partons pour l'ascension du Pasul Tarnita à
1161m sur une dizaine de kilomètres. La pluie nous attrape pendant la montée
et, c'est trempés que nous atteindrons le sommet. La pluie cesse mais la
descente, du coup, s'avère bien fraîche. Un rayon de soleil nous
permettra de sécher en bas.
Nous traversons d'immenses friches industrielles
datant de l'époque communiste. Il règne dans ces lieux une ambiance
d'après guerre. On devine qu'ici il y a eu beaucoup de monde et de vie.
Des immeubles entiers, abonnés, sont habités aujourd'hui par 2 ou
3 familles.
Nous arrivons dans l'après-midi à Vama, en Bucovine,
au pays des monastères. Pour ce soir, après 3 jours sans douche,
nous décidons d'aller dans une pension familiale trouvée dans le
guide du routard. Nous faisons un "étalage-séchage" dans
la chambre, surtout pour la tente. Le soir nous mangeons avec deux autres couples
français autour d'un repas Roumain succulent, et plus que copieux....je
me gave ! Ca fait du bien de manger autre chose que des pâtes ! Une petite
ombre au tableau: mes tendinites me font presque hurler de douleur dans les escaliers.
La maison "Lucan" nous coûtera 33E (1 200 000 lei) pour la nuit
avec le repas du soir et petit dèj' à deux.
8ème
jour : Jeudi 21 juillet: Vama-Velea Putnei
51km
Après
le petit dèj' communautaire (très copieux aussi), nous partons à
17km, visiter un des plus beaux monastères de la Bucovine: Moldovita. Une
bonne soeur très charismatique nous fait une visite guidée inoubliable.
Elle parle français, anglais, allemand et italien, pour ce que nous avons
entendu.
Plus loin, dans la montée d'un petit col "sans nom"
(1040m), nous rencontrons une bande de cyclotouristes très sympas. Un d'eux,
marié à une roumaine, nous invite au baptême de sa fille,
dans sa famille Roumaine, à Ocna Sugatag pour dimanche. Ca tombe bien,
nous devrions être dans le secteur à ce moment.
Au pied du Pasul
Mescanis, à Valea Putnei, nous demandons à une mamie si nous pouvons
camper dans son champ et avoir de l'eau. Elle est très contente de voir
du monde et n'hésite pas à nous ouvrir sa propriété
et nous remplit nos gourdes à ras bord. Nous profiterons de ses toilettes
extérieures toutes mignonnes, recouvertes de poster de stars ! La rivière
à côté nous servira de douche.
9ème
jour: Valéa Putnei - Pasul Pislop
Vendredi 22 juillet: Valea Putnei
- Pasul Prislop
60km
Nous attaquons la montée
du Pasul Mestacanis (1096m) sous un beau soleil. Route superbe et en pente douce.
Un jeune homme de 15 ans nous emboîte "les roues" et fera la montée
avec nous sur un vélo sans vitesse. Il possède un anglais surprenant,
défiant n'importe quel gosse fançais de son âge. Il veut,
comme beaucoup de Roumains, faire du TIR (Transport International Routier) pour
aller en Europe.
La route traverse des villages aux superbes églises
et maisons aux décorations locales très typiques. Nous entamons
la montée du Pasul Pislop et projetons de camper dans le village de Sesui
figurant sur notre carte IGN. Nous ne le trouverons pas, étaient-ce les
deux maisons croisées ? Une petite pluie fine et un vent de face nous rattrapent,
nous camperons dans la forêt près d'un ruisseau.
10ème
jour: Pasul Pislop - Salistea de Sus
Samedi 23 juillet: Pasul Prislop - Salistea
de Sus
64km
La nuit dans les bois fut fraîche.
Nous gravissons les 8Km restant jusqu'au sommet du Pasul Prislop à 1416m.
Dans la longue descente, les fesses en prennent un coup vu l'état de la
route. Ils ont eu la mauvaise idée de faire le revêtement par plaques
de bétons, mal jointoyées évidemment....tchac-tchac, tchac-tchac,
tchac-tchac....on se croirait dans une vieille locomotive !!
Après
Moisei notre carte IGN nous joue encore des tours en indiquant mal l'emplacement
du Pasul Setref à 818m. Nous aurions dû tourner avant dans la vallée
de l'Iza, d'après la carte ! Ce col, bien que peu élevé,
est le plus raide de notre périple, et d'autant plus quand on ne s'y attend
pas. Nous voilà quand même finalement dans la fameuse vallée
de l'Iza avec ses églises en bois et ses portails sculptés.
11ème
jour: Vallée de l'IZA - Ocna Sugatag
Dimanche 24 juillet 2005: Salistea
de Sus - Ocna Sugatag (Vallée de l'IZA)
50Km
C'est une journée
visite que nous entamons ce matin. Les églises en bois et les habitations
typiques nous attendent. Nous remarquons tout de suite la fréquentation
par les touristes, de cette fameuse vallée roumaine. Les plaques d'immatriculations
étrangères sont légion. La vallée est non moins magnifique.
L'architecture toute en bois des églises est impressionnante, pas une vis,
pas un clou !! Nous avons la chance, en ce dimanche, les villageois ont sorti
la tenue du dimanche. Nous demanderons seulement à deux jeunes filles l'autorisation
de les prendre en photo. Le téléphone portable côtoie sans
vergogne l'habit traditionnel !!
Nous rejoignons en fin d'après midi
Ocna Sugatag où Philippe,le cyclo français rencontré trois
jours plus tôt, nous a invité pour le baptême de sa fille Adelina.
Nous arrivons en pleine fête, tout le monde est déjà bien
chauffé à la "Tuika" (je ne connais pas l'orthographe
- écriture phonétique), l'alcool local. Deux jeunes musiciens font
dancer sans cesse les volontaires, l'ambiance est très chaleureuse. Nous
sommes pris en charge par la bande de cyclo français et Léontina,
la femme de Philippe, qui nous invite à boire et manger. Nous serons bientôt
aussi "chaud" que tout le monde. Il faut dire que les dernières
"bosses" avant Ocna Sugatag nous ont bien épuisés. Nous
plantons la tente dans le jardin. Pour le lendemain, nous pensions profiter d'une
journée à ne rien faire mais l'équipe des français
a prévu une sortie avec le petit train forestier de Viseu de Sus. Nous
serons donc de la partie !
12ème jour: Vallée
de la Vaser
Lundi 25 juillet: Viseu de Sus (Vallée de la Vaser) - Pas
de vélo !
Comme prévu, nous partons au matin avec le
groupe de cyclos français pour un petit tour de train dans la vallée
de la Vaser. Cette vallée le long de la rivièe n'est accessible
que par le train forestier qui monte les bûcherons sur leur lieu de travail,
et quelques touristes. Nous avons droit à un wagon particulier. La balade
se fait au rythme de 27km en 3h. Les bûcherons qui montent pour leur semaine
de travail doivent la trouver bien longue, et surtout au retour le samedi. Nous
croisons de drôles d'engins hybrides entre le train et la voiture. Notre
locomotive à vapeur nous plonge une fois de plus dans le passé et
ici ce n'est pas qu'un train touristique.
De retour à Ocna Sugatag,
nous avons tout juste le temps de faire une lessive et repartons pour un resto
roumain. Ce sera le seul que nous ferons du voyage. A notre grande surprise, la
"polenta" est un plat local. Nous rentrons vers minuit plus fatigués
que si nous avions roulé.
13ème jour:
Octan Sugatag - Mogosesti
Mardi 26 juillet: Ocna Sugatag - Mogosesti
70km
Nous
quittons le groupe de Français après un petit déjeuner aux
restes de pâtisseries du baptême. Elles ne devaient plus être
assez fraîches et c'est "brassés" que nous grimpons difficilement
le Pasul Gutîi 987m.
La traversée de la ville de Baia Mare est
délicate et nous nous perdons un peu. C'est un retour bref et étrange
à la "civilisation". Nous buvons même un coca au Mac Do,
moi qui n'y fout pas les pieds en France.
Nous camperons dans une cour à
Mogosesti. La dame à qui nous demandons l'hospitalité est un peu
gênée au début puis nous apporte finalement du lait, des oeufs,
du fromage, du gros bout de gras de porc et, cerise sur le gâteau, de la
crème fraîche maison (pour nos pâtes un régal !!).
14ème et 15ème jour: Mogosesti - Creaca - Huedin
Mercredi
27 juillet: Mogosesti - Creaca
63km
Avant de décoller, nous
rendons, non sans mal, le gras de porc offert la veille. C'est assez bon mais
vite écoeurant, et il risque de très mal supporter le transport
au soleil en vélo. Le papa nous offre quand même un café même
s'il ne semble pas bien comprendre pourquoi nous lui rendons le cochon.
Cette
étape sous un chaleur étouffante est sans intérêt.
Nous campons dans un verger face à un bar où les bières achetées
nous ressusciterons. Nous assistons en sirotant nos bières, au retour de
4 buffles nonchalants. Ces bêtes sont assez impressionnantes.
Jeudi
28 juillet: Creaca - Huedin 56km
Journée plate et chaude....vivement
le "parcul natural apuseni"
Pour le moral et la douche nous dormons
à l'hôtel à Huedin.
16ème
jour: Huedin - Lacul Fîntînele
Vendredi 29 juillet: Huedin - Lacul
Fîntînele
36km
Nous profitons pleinement du confort de
l'hôtel et partons seulement vers 10h...il fait déjà chaud.
Notre carte IGN nous trompe encore une fois. Le col aurait dû être
avant Belis et il est bien après. Cette étape montera tout du long,
pas avec une forte pente mais continuellement. Nous sommes heureux de retrouver
des pentes et une nature accueillante...nous trouvons des cèpes qui agrémenteront
fort bien nos pâtes quotidiennes. L'arrivée dans ces monts Apuseni
est la hauteur de nos espérances. Nous retrouvons une nature sauvage, des
collines, des forêts et des températures plus agréables. Nous
ne sommes pas fait pour la plaine !!
La forêt nous pose tout de même
un problème en fin de journée, pas un coin pour camper! Nous finissons
par atterrir dans une clairière où campent des roumains. Nous nous
installons avec eux. Nous passons une super soirée à discuter, boire
et manger avec eux. Les beignets de Coulemelles me laissent un souvenir impérissable,
comme les saucisses et le lard grillé, le tout "de la casa" bien
sûr ! C'est un couple avec leur voisine (Marta, Siméon et Sylvia),
ils sont venus au frais, camper pour le week-end. Après la journée
à grimper, les bières et la Tuika (gnôle locale) nous chauffent
vite les oreilles.
18ème jour: Albac - Patringeni
Dimanche
31 juillet: Albac - Patringeni
68km
Après le p'tit dèj'
de l'hôtel, nous profitons d'une superbe route ombragée en bordure
de rivière et en légère descente jusqu'à Campeni.
Ensuite un nouveau petit col nous attend. Nous mangeons et "siestons"
avant le sommet. Soudain une voiture passe devant nous, freine brusquement et
recule. Elle est immatriculée 74, ce sont les français rencontrés
à l'hôtel à Vama. C'est petit la Roumanie !
Nous traversons
Zlatna, une ville grise et bétonnée. Une fois de plus, nous trouvons
un complexe industriel à l'abandon. C'est impressionnant, on se croirait
dans un film de science fiction après une guerre mondiale. Nous campons
en sauvage au bord de la rivière.
19ème
et 20ème jour: Patringeni - Drasov - Poplaca
Lundi 1er août: Patringeni
- Drasov
63 Km
Départ à 8h30 à la fraîche
mais la journée s'annonce chaude. La route joue les montagnes russes avec
des côtes jusqu'à 12%. Cette région est encore parsemmée
de nombeux puits à balancier, mécanisme encombrant mais efficace.
A midi la température est insupportable, nous "sièstons"
en quasi nudistes cachés par une haie. Nous camperons en sauvage sans aucun
point d'eau, après cette journée d'intense sueur, il aurait été
bien venu. C'est le royaume des moustiques et dès la tombée de la
nuit nous nous réfugions sous la tente. Cette dernière nuit de cyclocamping
ne sera pas la meilleure.
Mardi 2 août: Drasov - Poplaca 66Km DERNIERE
ETAPE CYCLO
Après Drasov, nous nous retrouvons sur la E81, axe Sebes-Sibiu
plus que dangereuse avec tous ces camions, pour nous pauvres cyclotouristes .
Nous quittons cet axe pour la petite route de Poiana Sibuilui. Nous sommes tranquilles
mais endurons un col de 10Km de piste assez raide. Pour cette dernière
étape l'épreuve est rude mais les villages toujours aussi charmants.
Nous
retrouvons Mme Tudorache en fin d'après midi à Poplaca (à
7km de Sibiu). Quel plaisir de retrouver une douche et une table et des chaises
pour manger. Ils nous invitent à manger le soir. Nous mangeons comme si
nous n'avions pas mangé depuis un mois. Ils nous préparrent le petit
dèj' pour le lendemain. Nous passons une très bonne soirée
à discuter avec Valentin Tudorache qui parle bien Français. L'accueil
de cette famille aura été exceptionnel.
Dernier
jour en Roumanie - départ pour la France
Nous profitons
de ce dernier jour pour aller visiter la ville de Sibiu en vélo. Elle doit
être très belle en temps normal mais elle était en travaux
lors de notre visite.
Nous retournons ensuite à Poplaca pour charger
la voiture et prenons le chemin du retour vers la France en début d'après-midi.
Une belle frayeur:
Nos aventures Roumaines n'étaient pourtant
pas finies puisque le soir, après une bonne pizza au resto à Deta
près de la frontière avec la Serbie, la fin de soirée fut
bien mouvementée.
Nous avons tout d'abord eu du mal, de nuit, à
trouver un coin pour planter la tente. Nous nous sommes finalement et en désespoir
de cause, enfilés sur un chemin et avons planté la tente derrière
la voiture au milieu du chemin. Soudain, un gars avec un flingue à la ceinture
se pointe dans le noir, sans lampe, en nous surprenant. Il veut nos passeports,
je refuse et lui demande ses papiers de policier (il n'a pas d'uniforme mais juste
un treillis). Contrarié, il essaie donc de joindre un soit-disant chef
sur son portable. Notre refus le gêne mais il est calme et non agressif.
Nous ne sommes pas rassurés car en pleine campagne et dans une nuit bien
noire. Il me demande de le suivre en m'indiquant une petite lumière au
loin. Je n'est pas trop le choix, c'est ça ou je lui sors nos passeports
sans être sur qu'il ne nous rackette pas ou ne nous les vole pas tout simplement.
Je n'aime pas les gens armés !! Je laisse donc Laure toute seule au milieu
du pré. A dix minutes de marche, nous arrivons à un fourgon équipé
d'un radar infra-rouge, ce sont bien des militaires. Le jeune chef (25ans) parle
un peu anglais et m'explique que nous sommes en pleine zone frontalière
surveillée. Tout s'éclaire et je lui laisse regarder nos passeports.
Ce chef en appelle un autre afin de savoir si nous pouvons rester là pour
la nuit, c'est OK ! L'aller et retour à la tente aura pris 1/2 heure, Laure
est paniquée et plus que soulagée de me voir revenir. Elle avait
eu trop de temps pour "se faire des films".
Cette nuit, qui était
donc mal partie, se conclue par un orage mémorable qui nous obligera à
nous réfugier dans la voiture.
Quelle dernière nuit Roumaine
mémorable !!
Nous espérons que l'article de Stéphane
vous incitera organiser un séjour à vélo en Roumanie. Besoin
d'un conseil, d'un guide, n'hésitez pas nous contacter !