TOURISME RURAL EN ROUMANIE DANS LA REGION DE MUNTENIA

Vacances à vélo en Roumanie - cyclotourisme en Roumanie - Chambres d’hôtes chez  Dorin et Maria PARASCHIV  Starchiojd

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(inscription gratuite)
 

Agrément Ministère du Tourisme Roumain n° 5206 / 11.12.2001

 


Le récit du voyage à vélo en Roumanie, passé par Stéphane, un amoureux du vélo. Visitez son site pour voir toutes ses voyages et ses projets d'avenir : http://voyagenrouelibre.over-blog.com
Nous lui remercions de nous avoir autorisé publier cet article sur notre site.

Mercredi 13 juillet 2005
Nous sommes partis d'Albertville en Savoie, en voiture, pour rejoindre Sibiu en Roumanie, soit environ 1700km. Nous avons campé une première nuit en Slovénie et avons passé la frontière Roumaine le lendemain soir. Des pseudos douaniers ont voulu nous faire payer une pseudo désinfection de la voiture pour 2 euros, nous avons refusé et tout c'est bien passé.
Après une nuit en camping sauvage dans la campagne roumaine, quelques dizaines de kilomètres après la frontière, nous (ma copine LAURE et moi) découvrons la réalité de la conduite "sportive" des roumains et l'état des routes. Que dis-je sportive ! suicidaire !! En plus, il pleut des trombes d'eau.
Nous arrivons vers 14h30 à Poplaca, petit village à 7km au sud de Sibiu. Comme convenu, Mme Tudorache nous attend. C'est chez cette famille que nous laisserons notre voiture pour un mois. Cette "cour" sera notre base de départ et d'arrivée. A notre grande surprise, ce n'est pas seulement une chambre qui nous attend, mais un petit appartement "privé" collé à la maison avec sanitaires, cuisine et chambre. La maîtresse de maison est un peu timide et ne parle pas ni français ni anglais, la communication se limite donc à de grands et généreux sourires...
Bouffe, douche et sieste...la pluie s'est arretée.
Nous visitons ensuite le village de Poplaca qui nous parraît assez triste par rapport à notre impression future au retour, dans un mois, qui se fera sous un beau soleil.
Nous assistons au retour du troupeau de vaches du village. Impressionnant, environ 600 bêtes qui retrouvent chacune son habitation. Les vaches se dispersent toutes seules dans les différentes rues où chaque propriétaire attend ses bêtes devant sa porte. Ils en possèdent de 1 à 4 chacun. Je connais les vaches puisque j'ai grandi à la campagne et emmené et rammené "moulte" fois des vaches savoyardes mais alors je n'avais jamais vu ça.
Nous ne verrons pas Valentin Tudorache qui rentrera tard dans la soirée du travail. Il travaille pour le développement du tourisme rural.

1èr jour
Jeudi 14 juillet 2005: Poplaca-Biertan
85km

Au réveil, le temps est toujours gris mais il ne pleut pas, passerons-nous entre les gouttes ?
Nous rencontrons enfin ValentinTudorache, qui parle français et est un homme passionné qui nous parle de son pays avec amour. Il nous propose des livres et des cartes du pays mais nous sommes déjà suffisemment chargés. Surtout, il ne faut pas que nous hésitions à l'appeler si nous avions un problème. Cet homme respire la gentillesse et l'hospitalité.
Nous laissons donc notre voiture chez Valentin et partons vers 9h sur les routes Roumaines. La traversée de Sibiu est un peu compliquée mais nous finissons par trouver notre route. Nous traversons des villages tziganes. Nous nous arrêtons boire un verre dans un "bar" que nous indique un gamin. Les gens semblent très pauvres, la communication est difficile, personne ne parle anglais ou français. On nous demande de l'argent, nous refusons mais distribuons des ballons pour les enfants pour détendre l'atmosphère et organisons une petite séance photo. Ce premier contact avec des tziganes me laisse un goût amer. Heureusement, en fin d'après-midi nous nous faisons apostropher par des femmes gitanes dont nous gardons un excellent souvenir. La distribution de ballons égaye tout le monde et ils veulent des photos (que nous enverrons à notre retour). Je me dois aussi de grimper sur le cheval d'un homme passant par là. Nous n'osons pas leur demander de camper dans le coin et le regrettons, quand arrivés à Biertan, nous constatons que les auberges sont complètes. Heureusement, un homme, Ion, nous voyant désespérés, nous invite à planter la tente dans sa cour, au pied de la citadelle saxonne. Pour cela, il fait faucher un carré de luzerne de son jardin pour que nous puissions nous installer. Qui aurait fait cela en France ? En tout cas, la vue est imprenable ! Ion a 55 ans et est ingénieur à la retraite. Il parle un peu anglais ce qui permet de communiquer. Il nous offre café, bière et surtout sa douche !

2ème jour
Vendredi 15 juillet: Biertan-Bodogaia
49km

Après la visite de la citadelle de Biertan, qui n'a pas un très gros intéret si ce n'est pour la vue sur la bourgade, nous roulons jusqu'à Sighishoara, LA citadelle saxonne de Roumanie. Les quelques kilomètres sur la "grande route" avant l'arrivée sont très éprouvant et dangereux vu la circulation et l'état du bas coté de la route.
La citadelle est magnifique mais envahie par les touristes, nous reprenons rapidemment la route après avoir fait le plein de cartes postales.
C'est dans le village de Bodogaia que nous nous arrêterons pour dormir. Nous demandons à un paysan sortant de son champ si nous pouvons planter notre tente là. Joseph parle un peu français et, trop content de rencontrer des touristes et des gens avec qui parler, il nous invite à camper dans sa cour. Il vit seul avec son père, il est divorcé. Nous assistons à la traite manuelle de ses deux vaches. Laure s'y essaiera sans grand succès. Joseph insiste pour que nous mangions avec eux et nous propose sa douche, toujours extrêmement bien venu. Nous passons une excellente soirée car avec son français, nous pouvons quand même assez bien discuter. Joseph et son père sont des immigrés hongrois. Il y en a beaucoup dans cette région de la roumanie. Nous mangeons un excellent ragoût de foie de volaille. Joseph en a tué 80 aujoud'hui pour le mariage de son neveu demain.


3ème jour: Bodogaia-Sub cetate
Samedi 16 juillet: Bodogaia-Sub Cetate
55km

Joseph nous invite de nouveau à manger, un super petit déjeuner: salade de tomates, concombres, poivrons, oeufs durs et, cerise sur le gâteau !... yaourt avec des framboises, s'il vous plait ! En discutant, Laure lâche que nous avons oublié nos lunettes de soleil dans notre voiture. Joseph court aussitôt lui en chercher une vieille paire qui appartenait à sa femme. Pour le remercier de son hospitalité, nous laissons 10E pour le mariage de son neveu qui a lieu le jour même. Après quelques refus, il finit par accepter.
Je pars avec une douleur aigüe aux tandons d'Achille. Notre première étape, avec le peu d'entraînement que j'avais m'a été fatal. Je trainerai des douleurs aux deux tandons d'Achille pendant tout le voyage. Finalement, ça arrange Laure en me ralentissant. Nous roulons la journée sur des routes en très mauvais état. Les villages traversés sont de plus en plus beaux, nous approchons de zones plus montagneuses. Nous campons en "sauvage" au pied du barrage de Sub Cetate.

5ème jour: Lacul Rosu-Ruginesti
Lundi 18 juillet: Lacul Rosu-Ruginesti(Lacul Izvorul Muntelui)
52km

Je pars ce matin du Lacul Rosu avec un méchant mal à mes tendinites aux deux tandons d'Achille. Nous quittons ce lieu pas très accueillant en plongeant dans de superbes gorges. Une magnifique descente au réveil, pour un cycliste, quoi de mieux ?
Les maisons des villages arborent un bleu marine se marriant à merveille avec le vert des paysages. Les champs sont soupoudrés de dizaines de meules de foin, c'est la pleine époque des foins et les paysans ont un dur labeur. Ici, pas de tracteurs, c'est le pays des charrettes de foin et des faux. Bien que je n'ai pas vécu cette époque, j'ai l'impression d'être plongé dans la campagne française des années 50. Un bon en arrière de 50 ans.
Nous arrivons au lac Izvorul Muntelui arrosés par quelques averses. La route surplombe le lac, nous offrant une vue imprenable. Nous avançons doucement, la route ne cesse de monter et descendre. En fin d'après-midi, en quête d'un coin pour camper, nous prenons une piste afin de nous éloigner de la route. Une colline s'offre à nous avec vue sur le village de Ruginesti, nous nous installons pour la nuit. Laure part acheter des bières bien méritées au village. Nous sommes sur le chemin du retour des paysans qui rentrent des champs avec les bêtes. Ils nous saluent amicalement et viennent discuter afin de savoir d'où sortent ces touristes à vélo. Ils sont surpris de nous voir camper là mais nous disent qu'il n'y a pas de problème et semblent même contents et fiers que l'on ait choisi leur village. Ils semblent tous fatigués et ne s'attardent pas. Des chevaux viennent nous tenir compagnie... que cette campagne est agréable et reposante !


6ème jour: Ruginesti-Brosteni
Mardi 19 juillet: Ruginesti-Brosteni
59 km

Au réveil, la brume a envahi "notre" colline. Il ne fait pas chaud, même si nous devinons le soleil non loin qui viendra rapidement nous réchauffer.
Nous continuons ce tour du lac d'Izvorul type "montagne russe". Nous avons du mal a nous situer par rapport à notre carte IGN au 1:750000ème. Nous comprendrons qu'ils se sont trompés sur les distances, d'une petite dizaine de kilomètres.
Les rencontres continuent à être très sympas. Dans l'après-midi, dans un bar, un homme vient discuter avec nous, nous offre des glaces et nous propose de venir camper chez lui. Il est encore trop tôt pour nous, et l'homme est un peu trop "saoul" à notre goût.
Nous trouvons facilement de l'eau sur notre parcours dans les nombreux puits. L'eau est fraîche et claire mais nous préférons, par sécurité, la traiter avec du "micropur".
La route continue de se dérouler devant nous. En général, ces routes tertiaires sont en assez mauvais état et nos fessiés s'en ressentent. Le temps venu, nous demandons à des gens discutant devant chez eux si nous pouvons camper sur une parcelle de terrain en face, de l'autre coté de la route. Ayant peur pour notre sécurité, nous sommes une nouvelle fois invités à planter la tente dans la cour. On nous installe table et chaises, un café et un bol de cerise.

7ème jour: Brosteni-Vama
Mercredi 20 juillet: Brosteni-Vama
62km

Nous nous réveillons sous la pluie ce matin. La mamie, sur demande de sa fille, nous convie chez elle pour déjeuner. Nous sommes un peu gênés car la mamie n'avait pas très envie de nous faire entrer dans son unique pièce de vie où se côtoient, son lit, sa télé, sa table et ses meubles. On nous fait porter du café, des tomates et des oeufs. Nous ne nous attardons pas. La dame nous offre même du tilleul en partant pour faire des infusions. Nous plions la tente trempée mais la pluie a cessée.
Nous partons pour l'ascension du Pasul Tarnita à 1161m sur une dizaine de kilomètres. La pluie nous attrape pendant la montée et, c'est trempés que nous atteindrons le sommet. La pluie cesse mais la descente, du coup, s'avère bien fraîche. Un rayon de soleil nous permettra de sécher en bas.
Nous traversons d'immenses friches industrielles datant de l'époque communiste. Il règne dans ces lieux une ambiance d'après guerre. On devine qu'ici il y a eu beaucoup de monde et de vie. Des immeubles entiers, abonnés, sont habités aujourd'hui par 2 ou 3 familles.
Nous arrivons dans l'après-midi à Vama, en Bucovine, au pays des monastères. Pour ce soir, après 3 jours sans douche, nous décidons d'aller dans une pension familiale trouvée dans le guide du routard. Nous faisons un "étalage-séchage" dans la chambre, surtout pour la tente. Le soir nous mangeons avec deux autres couples français autour d'un repas Roumain succulent, et plus que copieux....je me gave ! Ca fait du bien de manger autre chose que des pâtes ! Une petite ombre au tableau: mes tendinites me font presque hurler de douleur dans les escaliers. La maison "Lucan" nous coûtera 33E (1 200 000 lei) pour la nuit avec le repas du soir et petit dèj' à deux.

8ème jour : Jeudi 21 juillet: Vama-Velea Putnei
51km


Après le petit dèj' communautaire (très copieux aussi), nous partons à 17km, visiter un des plus beaux monastères de la Bucovine: Moldovita. Une bonne soeur très charismatique nous fait une visite guidée inoubliable. Elle parle français, anglais, allemand et italien, pour ce que nous avons entendu.
Plus loin, dans la montée d'un petit col "sans nom" (1040m), nous rencontrons une bande de cyclotouristes très sympas. Un d'eux, marié à une roumaine, nous invite au baptême de sa fille, dans sa famille Roumaine, à Ocna Sugatag pour dimanche. Ca tombe bien, nous devrions être dans le secteur à ce moment.
Au pied du Pasul Mescanis, à Valea Putnei, nous demandons à une mamie si nous pouvons camper dans son champ et avoir de l'eau. Elle est très contente de voir du monde et n'hésite pas à nous ouvrir sa propriété et nous remplit nos gourdes à ras bord. Nous profiterons de ses toilettes extérieures toutes mignonnes, recouvertes de poster de stars ! La rivière à côté nous servira de douche.

9ème jour: Valéa Putnei - Pasul Pislop
Vendredi 22 juillet: Valea Putnei - Pasul Prislop
60km

Nous attaquons la montée du Pasul Mestacanis (1096m) sous un beau soleil. Route superbe et en pente douce. Un jeune homme de 15 ans nous emboîte "les roues" et fera la montée avec nous sur un vélo sans vitesse. Il possède un anglais surprenant, défiant n'importe quel gosse fançais de son âge. Il veut, comme beaucoup de Roumains, faire du TIR (Transport International Routier) pour aller en Europe.
La route traverse des villages aux superbes églises et maisons aux décorations locales très typiques. Nous entamons la montée du Pasul Pislop et projetons de camper dans le village de Sesui figurant sur notre carte IGN. Nous ne le trouverons pas, étaient-ce les deux maisons croisées ? Une petite pluie fine et un vent de face nous rattrapent, nous camperons dans la forêt près d'un ruisseau.

10ème jour: Pasul Pislop - Salistea de Sus
Samedi 23 juillet: Pasul Prislop - Salistea de Sus
64km

La nuit dans les bois fut fraîche. Nous gravissons les 8Km restant jusqu'au sommet du Pasul Prislop à 1416m. Dans la longue descente, les fesses en prennent un coup vu l'état de la route. Ils ont eu la mauvaise idée de faire le revêtement par plaques de bétons, mal jointoyées évidemment....tchac-tchac, tchac-tchac, tchac-tchac....on se croirait dans une vieille locomotive !!

Après Moisei notre carte IGN nous joue encore des tours en indiquant mal l'emplacement du Pasul Setref à 818m. Nous aurions dû tourner avant dans la vallée de l'Iza, d'après la carte ! Ce col, bien que peu élevé, est le plus raide de notre périple, et d'autant plus quand on ne s'y attend pas. Nous voilà quand même finalement dans la fameuse vallée de l'Iza avec ses églises en bois et ses portails sculptés.


11ème jour: Vallée de l'IZA - Ocna Sugatag
Dimanche 24 juillet 2005: Salistea de Sus - Ocna Sugatag (Vallée de l'IZA)
50Km

C'est une journée visite que nous entamons ce matin. Les églises en bois et les habitations typiques nous attendent. Nous remarquons tout de suite la fréquentation par les touristes, de cette fameuse vallée roumaine. Les plaques d'immatriculations étrangères sont légion. La vallée est non moins magnifique. L'architecture toute en bois des églises est impressionnante, pas une vis, pas un clou !! Nous avons la chance, en ce dimanche, les villageois ont sorti la tenue du dimanche. Nous demanderons seulement à deux jeunes filles l'autorisation de les prendre en photo. Le téléphone portable côtoie sans vergogne l'habit traditionnel !!
Nous rejoignons en fin d'après midi Ocna Sugatag où Philippe,le cyclo français rencontré trois jours plus tôt, nous a invité pour le baptême de sa fille Adelina. Nous arrivons en pleine fête, tout le monde est déjà bien chauffé à la "Tuika" (je ne connais pas l'orthographe - écriture phonétique), l'alcool local. Deux jeunes musiciens font dancer sans cesse les volontaires, l'ambiance est très chaleureuse. Nous sommes pris en charge par la bande de cyclo français et Léontina, la femme de Philippe, qui nous invite à boire et manger. Nous serons bientôt aussi "chaud" que tout le monde. Il faut dire que les dernières "bosses" avant Ocna Sugatag nous ont bien épuisés. Nous plantons la tente dans le jardin. Pour le lendemain, nous pensions profiter d'une journée à ne rien faire mais l'équipe des français a prévu une sortie avec le petit train forestier de Viseu de Sus. Nous serons donc de la partie !


12ème jour: Vallée de la Vaser
Lundi 25 juillet: Viseu de Sus (Vallée de la Vaser) - Pas de vélo !

Comme prévu, nous partons au matin avec le groupe de cyclos français pour un petit tour de train dans la vallée de la Vaser. Cette vallée le long de la rivièe n'est accessible que par le train forestier qui monte les bûcherons sur leur lieu de travail, et quelques touristes. Nous avons droit à un wagon particulier. La balade se fait au rythme de 27km en 3h. Les bûcherons qui montent pour leur semaine de travail doivent la trouver bien longue, et surtout au retour le samedi. Nous croisons de drôles d'engins hybrides entre le train et la voiture. Notre locomotive à vapeur nous plonge une fois de plus dans le passé et ici ce n'est pas qu'un train touristique.
De retour à Ocna Sugatag, nous avons tout juste le temps de faire une lessive et repartons pour un resto roumain. Ce sera le seul que nous ferons du voyage. A notre grande surprise, la "polenta" est un plat local. Nous rentrons vers minuit plus fatigués que si nous avions roulé.

13ème jour: Octan Sugatag - Mogosesti
Mardi 26 juillet: Ocna Sugatag - Mogosesti
70km

Nous quittons le groupe de Français après un petit déjeuner aux restes de pâtisseries du baptême. Elles ne devaient plus être assez fraîches et c'est "brassés" que nous grimpons difficilement le Pasul Gutîi 987m.
La traversée de la ville de Baia Mare est délicate et nous nous perdons un peu. C'est un retour bref et étrange à la "civilisation". Nous buvons même un coca au Mac Do, moi qui n'y fout pas les pieds en France.
Nous camperons dans une cour à Mogosesti. La dame à qui nous demandons l'hospitalité est un peu gênée au début puis nous apporte finalement du lait, des oeufs, du fromage, du gros bout de gras de porc et, cerise sur le gâteau, de la crème fraîche maison (pour nos pâtes un régal !!).


14ème et 15ème jour: Mogosesti - Creaca - Huedin
Mercredi 27 juillet: Mogosesti - Creaca
63km

Avant de décoller, nous rendons, non sans mal, le gras de porc offert la veille. C'est assez bon mais vite écoeurant, et il risque de très mal supporter le transport au soleil en vélo. Le papa nous offre quand même un café même s'il ne semble pas bien comprendre pourquoi nous lui rendons le cochon.
Cette étape sous un chaleur étouffante est sans intérêt. Nous campons dans un verger face à un bar où les bières achetées nous ressusciterons. Nous assistons en sirotant nos bières, au retour de 4 buffles nonchalants. Ces bêtes sont assez impressionnantes.
Jeudi 28 juillet: Creaca - Huedin 56km
Journée plate et chaude....vivement le "parcul natural apuseni"
Pour le moral et la douche nous dormons à l'hôtel à Huedin.

16ème jour: Huedin - Lacul Fîntînele
Vendredi 29 juillet: Huedin - Lacul Fîntînele
36km

Nous profitons pleinement du confort de l'hôtel et partons seulement vers 10h...il fait déjà chaud.
Notre carte IGN nous trompe encore une fois. Le col aurait dû être avant Belis et il est bien après. Cette étape montera tout du long, pas avec une forte pente mais continuellement. Nous sommes heureux de retrouver des pentes et une nature accueillante...nous trouvons des cèpes qui agrémenteront fort bien nos pâtes quotidiennes. L'arrivée dans ces monts Apuseni est la hauteur de nos espérances. Nous retrouvons une nature sauvage, des collines, des forêts et des températures plus agréables. Nous ne sommes pas fait pour la plaine !!
La forêt nous pose tout de même un problème en fin de journée, pas un coin pour camper! Nous finissons par atterrir dans une clairière où campent des roumains. Nous nous installons avec eux. Nous passons une super soirée à discuter, boire et manger avec eux. Les beignets de Coulemelles me laissent un souvenir impérissable, comme les saucisses et le lard grillé, le tout "de la casa" bien sûr ! C'est un couple avec leur voisine (Marta, Siméon et Sylvia), ils sont venus au frais, camper pour le week-end. Après la journée à grimper, les bières et la Tuika (gnôle locale) nous chauffent vite les oreilles.


18ème jour: Albac - Patringeni
Dimanche 31 juillet: Albac - Patringeni
68km

Après le p'tit dèj' de l'hôtel, nous profitons d'une superbe route ombragée en bordure de rivière et en légère descente jusqu'à Campeni. Ensuite un nouveau petit col nous attend. Nous mangeons et "siestons" avant le sommet. Soudain une voiture passe devant nous, freine brusquement et recule. Elle est immatriculée 74, ce sont les français rencontrés à l'hôtel à Vama. C'est petit la Roumanie !
Nous traversons Zlatna, une ville grise et bétonnée. Une fois de plus, nous trouvons un complexe industriel à l'abandon. C'est impressionnant, on se croirait dans un film de science fiction après une guerre mondiale. Nous campons en sauvage au bord de la rivière.

19ème et 20ème jour: Patringeni - Drasov - Poplaca
Lundi 1er août: Patringeni - Drasov
63 Km

Départ à 8h30 à la fraîche mais la journée s'annonce chaude. La route joue les montagnes russes avec des côtes jusqu'à 12%. Cette région est encore parsemmée de nombeux puits à balancier, mécanisme encombrant mais efficace. A midi la température est insupportable, nous "sièstons" en quasi nudistes cachés par une haie. Nous camperons en sauvage sans aucun point d'eau, après cette journée d'intense sueur, il aurait été bien venu. C'est le royaume des moustiques et dès la tombée de la nuit nous nous réfugions sous la tente. Cette dernière nuit de cyclocamping ne sera pas la meilleure.
Mardi 2 août: Drasov - Poplaca 66Km DERNIERE ETAPE CYCLO
Après Drasov, nous nous retrouvons sur la E81, axe Sebes-Sibiu plus que dangereuse avec tous ces camions, pour nous pauvres cyclotouristes . Nous quittons cet axe pour la petite route de Poiana Sibuilui. Nous sommes tranquilles mais endurons un col de 10Km de piste assez raide. Pour cette dernière étape l'épreuve est rude mais les villages toujours aussi charmants.
Nous retrouvons Mme Tudorache en fin d'après midi à Poplaca (à 7km de Sibiu). Quel plaisir de retrouver une douche et une table et des chaises pour manger. Ils nous invitent à manger le soir. Nous mangeons comme si nous n'avions pas mangé depuis un mois. Ils nous préparrent le petit dèj' pour le lendemain. Nous passons une très bonne soirée à discuter avec Valentin Tudorache qui parle bien Français. L'accueil de cette famille aura été exceptionnel.



Dernier jour en Roumanie - départ pour la France

Nous profitons de ce dernier jour pour aller visiter la ville de Sibiu en vélo. Elle doit être très belle en temps normal mais elle était en travaux lors de notre visite.
Nous retournons ensuite à Poplaca pour charger la voiture et prenons le chemin du retour vers la France en début d'après-midi.


Une belle frayeur:
Nos aventures Roumaines n'étaient pourtant pas finies puisque le soir, après une bonne pizza au resto à Deta près de la frontière avec la Serbie, la fin de soirée fut bien mouvementée.
Nous avons tout d'abord eu du mal, de nuit, à trouver un coin pour planter la tente. Nous nous sommes finalement et en désespoir de cause, enfilés sur un chemin et avons planté la tente derrière la voiture au milieu du chemin. Soudain, un gars avec un flingue à la ceinture se pointe dans le noir, sans lampe, en nous surprenant. Il veut nos passeports, je refuse et lui demande ses papiers de policier (il n'a pas d'uniforme mais juste un treillis). Contrarié, il essaie donc de joindre un soit-disant chef sur son portable. Notre refus le gêne mais il est calme et non agressif. Nous ne sommes pas rassurés car en pleine campagne et dans une nuit bien noire. Il me demande de le suivre en m'indiquant une petite lumière au loin. Je n'est pas trop le choix, c'est ça ou je lui sors nos passeports sans être sur qu'il ne nous rackette pas ou ne nous les vole pas tout simplement. Je n'aime pas les gens armés !! Je laisse donc Laure toute seule au milieu du pré. A dix minutes de marche, nous arrivons à un fourgon équipé d'un radar infra-rouge, ce sont bien des militaires. Le jeune chef (25ans) parle un peu anglais et m'explique que nous sommes en pleine zone frontalière surveillée. Tout s'éclaire et je lui laisse regarder nos passeports. Ce chef en appelle un autre afin de savoir si nous pouvons rester là pour la nuit, c'est OK ! L'aller et retour à la tente aura pris 1/2 heure, Laure est paniquée et plus que soulagée de me voir revenir. Elle avait eu trop de temps pour "se faire des films".
Cette nuit, qui était donc mal partie, se conclue par un orage mémorable qui nous obligera à nous réfugier dans la voiture.
Quelle dernière nuit Roumaine mémorable !!

Nous espérons que l'article de Stéphane vous incitera organiser un séjour à vélo en Roumanie. Besoin d'un conseil, d'un guide, n'hésitez pas nous contacter !

 

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